lundi 19 septembre 2011

Allons voir si le vin est bon!

Au moment où je vous écris, neuf bouteilles de vin sont alignées le long du mur qui me fait face. Ce sont, vous l'aurez deviné, nos achats de la journée.

Ce matin, nous sommes partis en direction de Carignan de Bordeaux pour notre périple vinicole. La soeur Psy avait lu dans le Guide Michelin qu'on y trouverait une propriété où un guide extraordinaire nous ferait connaître toutes les subtilités de ce nectar des dieux. Pour ne plus nous perdre, nous avions entré la latitude et la longitude des châteaux que nous voulions visiter dans la base de données de notre chère Julie. Nous sommes donc arrivés sans encombres à l'endroit souhaité. Nous y avons été froidement accueillis par une réceptionniste qui nous a en fait rembarrés parce que pas de rendez-vous, pas de visite. Ça commençait bien!

Nous sommes donc tout de suite passés à l'étape deux de notre trajet, soit la visite du pittoresque village de Saint-Émilion. Nous avons d'abord joué aux touristes en embarquant à bord d'un petit train qui nous promenait dans les rues et les champs nous faisant découvrir des vestiges d'un riche passé :



Par la suite, nous avons eu l'occasion de voir de près nos premiers ceps de vigne :


Une fois passé le début de notre initiation au monde du vin, nous avons pensé qu'était venu le moment d'en acheter. Encore marqués par notre expérience du matin, nous décidons de délaisser pour l'heure les châteaux et de nous adresser plutôt à un détaillant. Nous avions justement sans trop nous en rendre compte stationné la voiture en face d'une boutique où nous pouvions voir des gens allégrement lever leurs verres. Nous entrons et sommes reçus cette fois par une dame vraiment sympa qui nous propose d'emblée de familiariser notre palais à différents cépages. Nous en profitons pour faire causette (eh! oui, nous faisons souvent causette car, selon la soeur Psy, l'Homme et moi ne nous gênons pas pour l'initier) avec les personnes présentes, deux Américains oenologues. Nous finirons par goûter six vins et par acheter six bouteilles, et ce, dans une ambiance détendue et sans prétention. Nous nous réconcilions avec le monde vinicole et, sur la suggestion de notre charmante hôtesse, nous allons casser la croûte dans un bistrot du coin.

Ragaillardis par les bons crus et la bonne chère, nous reprenons la route en direction d'un des châteaux que nous avions retenu après avoir lu une brochure intitulée Les itinéraires de Charlotte dénichée à l'Office de tourisme de Bordeaux. Dans l'itinéraire Vin et panorama, Charlotte proposait la visite du Château Gaby situé à Fronsac. Il s'agit ici d'une bâtisse du 17e siècle qui surplombe la Dordogne. L'endroit est effectivement magnifique :


Nous n'avons toujours pas de rendez-vous, mais nous tentons notre chance et nous présentons à l'accueil des visiteurs. Cette fois, nous gagnons le gros lot. La charmante jeune femme qui nous fait visiter nous gardera près de deux heures. Nous apprenons tout sur la fabrication du vin et, surtout, nous voyons tout : les cuves, les tonneaux, le chais.


Nous apprenons que le propriétaire du château est Canadien, un Torontois en fait, un dénommé Curl, qui a eu un coup de coeur pour la région. Et nous terminons la visite par la toute nouvelle salle de dégustation qui offre une vue imprenable sur le vignoble. Encore une fois, nous goûterons six vins et nous ne pourrons résister à acheter trois autres bouteilles. En partant, notre guide nous suggère un itinéraire modifié pour notre retour à Bordeaux afin que nous puissions davantage admirer le paysage exceptionnel de ce coin de pays et, à notre demande, nous propose un resto pour le souper. Nous n'avons été déçus ni par le paysage, ni par la bouffe.

Alors, je vous expose maintenant le dilemme dans lequel nous nous trouvons. Nous possédons neuf bouteilles et nous ne pouvons en rapporter que six. Que croyez-vous que nous allons faire?

dimanche 18 septembre 2011

Un grain de sable

Depuis notre arrivée à Bordeaux, nous passons d'une averse isolée à une autre. D'un côté, nous nous ennuyons du soleil de Paris. De l'autre, nous nous consolons parce que la pluie ne dure pas. C'est donc sous un ciel nuageux que nous sommes partis en direction du Bassin d'Arcachon avec l'intention de manger peut-être des huîtres, une spécialité de l'endroit. Voyez d'abord le spectacle magnifique qui s'est présenté à nos yeux aux détours d'un virage après que le ciel se soit éclairci :


Parce que nous craignons parfois de mourir de faim, nous avons pris le temps de nous restaurer avant de poursuivre notre route en direction de la Dune du Pilat. Il y avait des huîtres au menu. Nous avons osé demander si elles étaient présentées autrement que crues. Nous avons presque foutu une commotion à notre aimable serveur. Il semble bien que ce soit un sacrilège de les manger autrement. Je serai franche. Nous n'avons pas osé. Nous avons opté pour deux pizzas en nous promettant toutefois de nous reprendre plus tard.

Sans même avoir pris le temps de digérer, nous nous sommes ensuite rendus au pied de la fameuse Dune du Pilat. Heureusement que tous les membres du trio infernal sont en forme (surtout depuis leur entraînement intensif dans le métro de Paris) parce que là, il a fallu devenir alpinistes. Une image vaut mille mots :


Nous avons tous réussi l'ascension sans trop de peine. Au sommet, il y avait un vent à écorner les boeufs comme on dit par chez nous. Juste au moment où nous décidons de monter un peu plus haut pour admirer le point de vue du côté du Bassin, une averse isolée nous tombe dessus. Avec le vent et le sable, nous avions l'impression d'être en plein désert du Sahara. La soeur Psy avait quand même eu le temps de prendre une photo de visiteurs aventureux qui avaient poussé plus loin leur expédition. Ne dirait-on pas de véritables sherpas?


Comme le vent s'élevait, nous avons décidé d'entreprendre la descente, mais dans le sable cette fois et pieds nus. C'était hallucinant comme sensation à cause notamment du contraste entre le froid du sable mouillé par la pluie et la chaleur du sable du dessous quand nos pieds s'enfonçaient. Nous avions aussi l'impression que nous étions pour littéralement nous retrouver enfouis sous la dune. Quand nous avons finalement atterri, notre mise en plis était fichue! Et que dire de l'état de nos pieds :


Après la pluie, le beau temps. Nous rebroussons chemin en direction de Cap Ferret pour visiter l'autre côté du Bassin et voir la dune d'en face. Nous stoppons à l'une des plages pour admirer la mer déchaînée. L'Homme tient absolument à s'y mouiller les pieds et nous l'accompagnons, bien évidemment. Mal nous en pris. Une autre averse isolée s'est abattue sur nous.



Nous sommes remontés rapidement vers la voiture et la pluie s'est arrêtée. Pas grave. Nous avions eu la prudence cette fois de vêtir nos cirés. Nous étions donc seulement partiellement détrempés. Ne reculant aucunement devant l'adversité, nous sommes enfin arrivés là où nous voulions aller et nous avons pu observer la Dune en sirotant un jus de pomme et de pamplemousse, combinaison imaginée par la soeur Psy.


Il y a eu du sable dans l'engrenage de notre journée, mais rien pour totalement l'enrayer. Il n'y a pas eu d'huîtres, cependant.

samedi 17 septembre 2011

Et là, l'Homme a dit : "On a fait une belle petite marche!"

Une nouvelle ville. Encore des milliers de pas. Des fois je me demande si l'Homme et la soeur Psy ne m'ont pas inscrite pour entreprendre le chemin de Compostelle. Me semble que je serais déjà rendue. Mais attendez que je prenne tout ça du début.

En débarquant du TGV qui nous a menés de Paris à Bordeaux, nous avons d'abord récupéré la voiture que nous avons louée pour le reste de notre séjour. Une belle Peugeot rouge, très confortable, et suffisamment spacieuse pour loger tous nos bagages. Cela a bien rassuré l'Homme qui trouve que nous sommes loin de voyager léger! C'est la soeur Psy qui a pris le volant la première et je dois dire qu'elle a relevé le défi de main de maître. Non seulement elle a dû se familiariser avec la conduite d'une nouvelle voiture dans une ville qu'elle ne connaissait pas, mais elle s'est également tapée les directives de Julie la voix du GPS répétées par l'Homme et les indications verbales de votre humble Marcheuse urbaine qui déchiffrait une carte routière! Nous sommes finalement arrivés au "parking" de l'hôtel où nous nous sommes butés à une grille. Heureusement, il y avait un clavier qui permettait de joindre la réception. Le préposé nous a gentiment donné le code à composer. Une fois à l'intérieur, nous nous retrouvons devant une barrière baissée. Il y a un autre clavier. Nous joignons encore la réception et le préposé ne comprend rien à notre dilemme : "Mais enfin, entrez et stationnez la voiture à l'emplacement que je vous ai donné. Pour ce qui est de la barrière, tapez le code de tout à l'heure." Fort bien, mais le code ne fonctionne pas. Tout d'un coup, il me vient l'idée de sortir de la voiture et je m'aperçois que nous aurions dû serrer davantage à droite pour le stationnement réservé à l'hôtel. Nous nous trouvions en fait devant l'entrée du stationnement public. Et je repère en même temps le fameux clavier grâce auquel nous parvenons à ouvrir une autre grille qui nous mène à la place qui nous a été assignée. C'est pas si compliqué quand on le sait!

Après nous être installés dans notre chambre-appartement, nous décidons de sortir pour explorer la ville et prendre une bouchée. En effet, nous avons quitté Paris vers 10 h et il est maintenant plus de 15 h. En traversant la rue en face de l'hôtel, nous sommes attirés par l'enseigne d'un bistrot qui s'appelle Le Postillon. Quand nous entrons, le patron nous demande si nous voulons boire quelque chose. Nous lui disons que nous voulons surtout manger. Il nous répond que la cuisine est malheureusement fermée, ce dont nous nous doutions d'après les indications données par le Guide Michelin au sujet des heures d'ouverture des restos. Devant notre mine déconfite, il nous propose de nous préparer quand même quelque chose. Et là, c'est devenu franchement sympa. Nous avons fait causette avec le patron, bien sûr, mais aussi avec les deux clients attablés au comptoir. Nous avons ainsi appris que notre hôte avait demeuré à Trois-Rivières le temps d'un amour qui n'a pas duré. Et nous nous sommes régalés de délicieux plats faits maison : taboulé, merguez et frites, crème au chocolat. Nous avons aussi recueilli de précieux renseignements pour notre séjour. C'est ce que nous aimons le plus, tous les trois, ces rencontres imprévues qui nous permettent d'échanger avec les gens.

Rassasiés, nous entreprenons notre excursion qui ne devait pas durer trop longtemps car nous étions fatigués du voyage. Comme notre hôtel est situé en plein coeur du vieux Bordeaux, nous pouvons facilement visiter des choses fort intéressantes. Ainsi, après avoir traversé l'une des douze portes de la ville, nous sommes émerveillés par l'architecture. Voyez :


Nous poursuivons notre chemin et tombons à un carrefour occupé par Mollat, la plus grande et la première librairie indépendante de France. Elle est installée à Bordeaux depuis 1896. Évidemment, nous entrons. Et nous nous perdons. En fait, nous perdons l'Homme. C'est tellement, tellement immense. Chacune des sections est une librairie en soi. Après être passées à la caisse (oui, la soeur Psy a succombé pour un livre intitulé Morts aux cons. Avec un tel titre, comment n'aurait-elle pas pu?), nous partons à la recherche du membre manquant de notre trio. Nous le retrouvons finalement dehors!

Ensuite, nous décidons de nous diriger vers la Garonne et ses quais. Comme ce sont les Journées européennes du patrimoine, il y a plein d'animation partout. Nous faisons une autre belle rencontre, cette fois avec un fabricant de savon artisanal, et nous admirons ceci :


Et le plus grand miroir d'eau du monde :


Et je m'amuse une fois de plus dans les fleurs :


Après, nous décidons de remonter lentement vers notre hôtel. Près de la Porte de la Grosse Cloche, nous nous attablons pour déguster, à la demande de la soeur Psy qui veut se lancer en vinothérapie à son retour de voyage, du vin de Bordeaux. Nous accompagnons le tout de quelques fromages, histoire de ne pas mourir de faim. Tout cet exercice nous a creusé l'appétit. Ah! oui, j'oubliais de vous présenter la Porte en question :


Nous n'avions maintenant plus qu'une seule envie, soit celle de nous mettre au lit. Mais nous nous sommes perdus. Pour vrai. Nous avons beaucoup tourné en rond comme les Romains dans Le Tour de Gaule d'Astérix. Nous avons lu les cartes à l'envers et à l'endroit. De gentils Bordelais rencontrés au hasard des rues ont tenté de nous démêler. Sans succès. Comment nous avons retrouvé notre chemin demeure encore un mystère, mais nous avons enfin aperçu l'enseigne de l'hôtel. Et là, l'Homme a dit... vous savez le reste.

Je râle, j'ai le droit, non?

Je suis dans le train en direction de Bordeaux. Je trouve le moment tout choisi pour partager avec vous de légères, très légères frustrations au sujet de l’efficacité organisationnelle que j’observe depuis mon arrivée dans l’Hexagonal.

Premier exemple, première journée : Versailles. Nous voulions une visite guidée. Nous nous dirigeons donc vers le bâtiment indiqué pour prendre nos billets. Une charmante préposée nous explique que nous avons de la chance puisqu’elle peut nous inclure dans un groupe de trente personnes où il ne reste que quelques places. En bons Nords-Américains que nous sommes, nous sautons sur l’occasion. Elle s’empare alors d’un dépliant et y inscrit un numéro en nous prévenant de ne surtout pas le perdre, et elle nous entraîne devant la fenêtre pour nous expliquer comment nous rendre à un autre bâtiment, situé complètement de l’autre côté de la cour où nous nous trouvons et où nous pourrons payer et obtenir nos billets. Fort bien. Il pleut, mais cela ne nous décourage pas. Nous sommes fraîchement débarqués et encore tout à fait naïfs, et nous trouvons à la fois étrange et amusante cette façon un peu alambiquée de procéder. Nous retraversons donc la cour, nous entrons dans le bâtiment désigné et nous attendons notre tour. En effet, un groupe est arrivé avant nous et la guichetière, unique en son genre (après tout, Versailles, c’est pas si couru que ça!), est entièrement occupée à imprimer les billets. Finalement, elle prend notre dépliant, entre l’information nécessaire dans l’ordinateur et nous remet les billets en nous disant de revenir quinze minutes avant le début de la visite. Elle est gentille. Elle nous suggère de prendre un café pour tromper l’attente dans la salle située… oui, de l’autre côté de la cour. Lorsque nous reviendrons pour nous joindre à notre groupe, nous constaterons que nous sommes en fait seulement sept personnes. Nous n’avons jamais su ce qu’il était advenu des autres. Peut-être se sont-ils égarés dans un des passages secrets du château?

Deuxième exemple : les billets de théâtre. Nous sommes allés à deux reprises au Kiosque de la Madeleine pour nous procurer des tickets pour voir un spectacle. Nous nous demandons encore la raison pour laquelle, après avoir payé lesdits tickets, nous ne recevons que des bouts de papier contenant les renseignements relatifs à la pièce de théâtre mais rien sur les places que nous occuperons. Non. Pour cela, il faut arriver une demi-heure avant le début de la pièce et faire une file (la dernière fois, il y en avait deux, soit une pour ceux qui avaient réservé mais pas encore payé, et une autre pour ceux qui avaient déjà payé. Petit hic : les deux files convergeaient pour n'en faire qu'une seule!). Lorsque les guichets ouvrent, nous recevons d’autres billets sur lesquels nos places sont indiquées. Notre peine ne s’arrête pas là puisque nous devons ensuite attendre l’ouvreuse pour entrer dans la salle et prendre nos sièges. Il semble bien que les gens ne sont pas en mesure de s’orienter eux-mêmes et cela a un prix : un pourboire pour le guide qui t’amène à bon port.

Troisième exemple : Surcouf. C’est le magasin d’électronique où la soeur Psy a pu se procurer une nouvelle caméra. Nous avons d’abord demandé des renseignements au vendeur qui nous a montré le modèle que nous voulions. Lorsque nous avons manifesté notre intention d’acheter la caméra, le vendeur nous a remis un papier que nous devions présenter à la caisse pour payer. Nous avons descendu un étage et avons trouvé les caisses. Après avoir payé, nous avons reçu un autre papier que nous devions donner cette fois au comptoir responsable du « picking ». Là, le préposé doit prendre connaissance du bon de commande et téléphoner (j’imagine au comptoir où nous étions auparavant) pour demander qu’on lui envoie la marchandise souhaitée. Après encore un bout de temps, les boîtes arrivent enfin et on peut récupérer notre dû.

Je sais que tout cela fait partie du choc culturel et du plaisir de la découverte. C'est juste que des fois, je m'ennuie presque des Américains!

vendredi 16 septembre 2011

Ça aurait fait une belle photo!

Notre dernière journée à Paris et pas de caméra pour l'immortaliser, du moins pour le moment. Nous espérons bien vite remédier à la situation toutefois en prévoyant nous rendre d'abord au magasin Surcouf, sorte de Best Buy français. Nous avons même téléphoné au Fils hier soir pour obtenir de l'info sur le meilleur appareil à acheter. Nous trouvons effectivement ce que nous cherchons (je vous raconte bientôt les pérégrinations au travers desquelles nous avons dû passer cependant pour obtenir le bien convoité) et nous décidons de nous installer à une terrasse en face du magasin pour prendre un café et permettre à notre photographe officielle de se familiariser avec son nouvel outil. Amère déception! La batterie n'est évidemment pas chargée. Il faudra donc vivre notre journée ultime dans la Ville Lumière en faisant appel à notre carte mémoire intégrée.

Encore une fois la température nous sourit. Ça nous remonte le moral et nous nous dirigeons vers notre premier arrêt, soit l'Opéra Garnier. Soucieuse quand même de faire en sorte que nous ayons vu le Louvre à défaut de l'avoir visité, la soeur Psy nous fait débarquer du métro pour nous conduire à l'entrée principale du musée. Ouf! Nous comprenons mieux maintenant pourquoi cet immense bâtiment a servi de résidence à la famille royale pendant de nombreuses années. Émerveillés par la magnificence du lieu, nous nous exclamons en choeur : "Ça aurait fait une belle photo!"

L'Opéra Garnier nous éblouit également. Et, comble de chance, la salle de spectacle est ouverte aux visiteurs. L'escalier, dont la nef est bâtie en marbre de différentes couleurs, et le grand foyer, que nous trouvons plus spectaculaire encore que la Galerie des glaces de Versailles, nous font pousser des cris d'admiration et l'expression de regret qui sera nôtre la journée durant : "Ça aurait fait une belle photo!"

Notre programme comportait ensuite un retour à l'Île de la Cité pour visiter Notre-Dame. Après nous être égarés carrément et longuement dans les dédales de la station de métro Chatelet, choisie par la soeur Psy pour nous éviter des marches inutiles, nous sommes finalement arrivés aux portes de la cathédrale. Tout comme à Sacré-Coeur, la commercialisation du lieu me dérange. Je ne sens rien parce qu'il y a surcharge.

Après nous être restaurés à une terrasse donnant sur une des façades de Notre-Dame, nous poursuivons notre route en direction de l'Île-Saint-Louis avec l'intention de déguster une glace de la Maison Berthillon. La promenade est exquise. Le square Jean-XXIII situé au chevet de la cathédrale est absolument charmant et nous donne la possibilité d'emmagasiner de fantastiques images qui auraient fait, oui, de très belles photos. En fait, tout notre trajet sur les bords de la Seine nous offre des vues époustouflantes de Paris, du genre de celles qu'on admire dans des films ou qu'on fixe sur des cartes postales. Sur les ponts, nous nous arrêtons pour écouter les musiciens en souhaitant que la journée ne se termine jamais. Juste avant la dégustation de la glace, nous nous arrêtons à l'église Saint-Louis. Beaucoup plus modeste que sa majestueuse soeur, elle nous séduit immédiatement. Nous nous asseyons pour écouter l'organiste qui répète. C'est divin. Et là je me dis que tous ces rois qui ont essayé de reproduire le Paradis en faisant construire d'immenses sanctuaires avec d'innombrables vitraux et des dorures partout n'ont rien compris. Dieu se retrouve dans les choses simples, dans le dénuement, dans l'essentiel. Et je L'ai senti dès que je suis entrée dans cette petite église.

Nous avons marché ensuite jusqu'au Jardin du Luxembourg où nous avons encore pris une pause à défaut de prendre, oui, une très belle photo! Quel autre lieu magique avec entre autres la Fontaine Médicis! Nous avons continué notre chemin jusqu'à la Place Saint-Michel où nous avons décidé que nous n'avions vraiment pas envie de rentrer tout de suite à l'appart pour préparer nos bagages pour le lendemain. Nous avons donc commandé un café à une terrasse en observant les gens qui passaient et en profitant du vent qui caressait nos visages et du soleil qui baissait doucement. Grâce au conseil éclairé du serveur, nous sommes retournés à pied jusque dans nos quartiers en ramassant notre souper à la miette dans les différents magasins rencontrés. De vrais Parisiens quoi!

jeudi 15 septembre 2011

Anicroches

J'ai appris en parlant au Fils hier soir que c'est la flotte en ce moment au Québec. Ce n'est pas le cas ici. La température est absolument magnifique et se situe presque toujours aux environs de 20 degrés. Les fleurs sont à leur apogée. Même si certains Parisiens ont sorti leur garde-robe d'automne, un grand nombre d'entre eux continuent de circuler pieds nus avec des shorts ou des capris.

Nous avons donc profité de la chaleur et du soleil pour embarquer à bord d'un des innombrables bateaux-mouches qui circulent sur la Seine. Cela nous a permis d'admirer entre autres les magnifiques ponts qui relient l'Île de la Cité et l'Île-Saint-Louis à la terre ferme. Personnellement, c'est ce qui a le plus retenu mon attention. Il faut dire que nous avions choisi un bateau qui avait un toit et que nous devions par conséquent nous tordre le cou pour voir les édifices.


Après nous être rendus au Kiosque de la Madeleine pour nous procurer des billets de théâtre, nous avons cherché un endroit pour dîner. Comme nous essayons de ménager notre portefeuille, nous avons souvent recours au petit livre dont je vous ai déjà parlé pour dénicher l'endroit rêvé. Encore une fois, il est venu à notre secours en nous dirigeant cette fois au Foyer de la Madeleine situé sous l'église du même nom. Particularité de l'endroit : on mange et on fait la charité puisque notre don (achat d'une carte de membre) permet de servir des repas aux déshérités. Autre plus : les gentilles dames bénévoles d'un âge certain qui s'occupent du service. Elles sont tout à fait adorables. Après le repas, on peut même prendre le café dans une petite salle de repos pour la modique somme de 60 centimes.


Nous avons ensuite décidé de retourner à la Sainte-Chapelle où nous étions déjà allés pour un concert mais, comme c'était le soir, nous n'avions évidemment pas été en mesure de nous exclamer devant les vitraux, véritables dentelles de pierres. Nous avons eu droit à une visite commentée et, tout comme dans le cas de Versailles, je suis resté estomaquée devant le bagout de notre guide. Il savait tout. Il pouvait aussi bien parler du contexte historique en nous donnant pratiquement un cours sur la monarchie de l'époque que disserter sur l'art du vitrail au 13e siècle. Et avec ça un dynamisme et un entregent à faire pâlir d'envie une multitude de jeunes vendeurs au faciès aussi peu animé qu'une poignée de porte! Bon. Trève de défoulement, d'autant plus que je vous demande maintenant de respecter une minute de silence en mémoire de la caméra de la soeur Psy qui a décidé de rendre l'âme là, directement sur le parvis de la chapelle haute. Plus d'images donc pour le moment. Je sais que ce sera difficile pour ceux et celles d'entre vous qui préférez le visuel à la prose.

Nous avons terminé nos visites de la journée à la Conciergerie. Quoi de mieux pour se donner de l'appétit que de circuler dans ce bâtiment plutôt lugubre où, au temps de la Commune, la guillotine tranchait allégrement aussi bien les têtes couronnées que les têtes nues!

Je termine en vous parlant de l'autre anicroche du jour puisque les fins observateurs d'entre vous aurez remarqué le pluriel du titre de ce message. Alors, en plus de la perte de la caméra, nous devons déplorer un autre léger incident. En prenant le métro le matin, l'Homme s'est presque fait arnaquer par deux pickpokets que nous n'avions absolument pas repérés. C'est une dame qui nous a avertis au moment où l'un d'entre eux avait réussi à ouvrir notre sac à dos. Heureusement, nous n'avions que nos manteaux dans ledit sac et nous avons pu sauver notre honneur de touristes soi-disant prudents et avisés.

mercredi 14 septembre 2011

Souviens-toi que tu es poussière

C'était pas mal le thème de la journée. Les morts du cimetière du Père Lachaise. Les livres d'occasion de la librairie Lumière. En masse de poussière dans les deux cas.

Mais prenons le tout du début. Simple coïncidence ou opportuniste hasard? Avant de franchir l'une des entrées du cimetière, nous apercevons au coin de la rue l'enseigne suivante qui vient de donner le ton aux deux prochaines heures :


Que l'on rencontre des commerces de pierres tombales à l'entrée d'un immense cimetière comme celui du Père Lachaise n'a rien d'étonnant, mais quand on s'appelle Lecreux et qu'on se lance dans ce genre d'entreprise, cela relève presque de la caricature!

En dociles et consciencieux touristes que nous sommes, nous avons acheté le plan de l'endroit et avons tenté de repérer certains occupants célèbres. Nous avons ainsi déniché Jim Morrison et Gilbert Bécaud. Dois-je vous préciser que les deux artistes n'attirent pas les mêmes fidèles? Jeunes tatoués avec piercings pour le premier, vieilles madames à souliers orthopédiques pour le second. La soeur Psy a eu le pied chanceux en s'accrochant presque sur la tombe de Sarah Bernard et l'Homme mélomane a eu une pensée pour Chopin dont vous pouvez admirer ci-dessous la dernière demeure :


Certains monuments sont de véritables oeuvres d'art :



Nous avons aussi découvert que des disparus sont conscients de la nécessité de conserver en bon état le lieu de leur dernier repos et qu'ils ont donc entrepris des travaux de rénovation. Leurs voisins, eux, ont une conscience verte et recyclent leurs vieux restes. C'est Madame May qui serait contente. Photo s.v.p. :


Enfin, nous avons pu prendre toute la mesure du proverbe qui veut que les paroles s'envolent et que les écrits restent... pour l'éternité. Tout d'abord, ce très beau texte sur la tombe du poète et écrivain allemand Yvan Goll, pseudonyme d'Isaac Lang :


Je n'aurai pas duré plus que l'écume
Aux lèvres de la vague sur le sable
Né sous aucune étoile un soir sans lune
Mon nom ne fut qu'un sanglot périssable

Et une simple exclamation qui a au moins le mérite d'être claire :


Revenus dans le monde des vivants, nous avons entrepris de nous rendre à la librairie d'occasion qui avait fait au mois d'août l'objet d'une chronique de Josée Blanchette dans le journal Le Devoir. Je tenais à y aller d'abord pour m'acheter un Troyat, un Maupassant, ou tout autre auteur classique français, mais aussi pour découvrir cet endroit qui, d'après l'article, ressemblait à une caverne des mille et une nuits avec ses innombrables livres classés dans des boîtes à chaussures. Dès notre entrée, je m'empresse de déclarer à la propriétaire que je me retrouve devant elle grâce aux propos de Josée. Mal m'en pris. Nous avons eu droit à l'expression d'une frustration accumulée pour cause de quiproquo entre la journaliste et la libraire. Qu'importe. La soeur Psy, l'Homme et moi sommes tous repartis avec des livres qui viendront s'ajouter à nos bagages et le soulagement de ne pas avoir péri ensevelis sous une pile de bouquins. Vous trouvez que j'exagère? Voyez plutôt :


Il s'en est fallu de peu que l'on doive s'adresser aux réputés frères Lecreux!